Metéo




| Partira, partira pas ! | | Imp | | Envoyer |
| Jeudi, 10 Septembre 2009 15:44 |
|
Pour une troisième fois, le destin de la Guinée est en train de se jouer à travers une guéguerre de positionnement entre ceux qui pressent le chef de la junte, El Dadis à être candidat à l’élection présidentielle de janvier 2010 et ceux qui l’exhortent à respecter ses engagements du 23 décembre 2008. L’on se souvient qu’à la prise du pouvoir par le CNDD, suite au décès de Fory Coco, le capitaine Moussa Dadis Camara avait déclaré solennellement qu’il n’est pas «un assoiffé du pouvoir» et que sa mission se limitait à la gestion d’une Transition pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Mais voilà que depuis quelques semaines, les shows d’El Dadis semblent reléguer ses engagements d’officier assermenté, que les Guinéens avaient massivement accueillis, aux calendes grecques. Après le Mouvement Dadis Doit Rester (MDDR), l’on a été gratifié le 23 août dernier, d’un Mouvement Dadis Doit Partir (MDDP). Le baptême de feu de ce nouveau mouvement aura été lors de la journée nationale des femmes de Guinée. N’ayant pas accès aux médias d’Etat contrairement à son rival MDDR, le MDDP a usé du réseau SMS pour mobiliser ses militants. Du coup, l’ensemble des usagers de la téléphonie mobile ont été privés des canaux SMS. Si la confrontation entre pro-Dadis et anti-Dadis peut être jugée légitime dans le contexte d’une société ouverte, il faut cependant déplorer l’attitude anti-républicaine affichée par le CNDD dans ce bras de fer. Priver les usagers de SMS relève d’une violation du droit de chaque individu à l’information et de sa liberté de communiquer. Si les partisans du MDDP, faute d’un accès facile aux médias d’Etat, choisissent la rue pour s’exprimer, la réponse d’une armée républicaine devrait être non pas une répression aveugle de la manifestation, mais un rétablissement de l’équité, en donnant la possibilité à tous les courants de pensée de s’exprimer librement par le biais des médias d’Etat. Comme pour en rajouter au malaise suscité par ces traitements inéquitables, le 28 août à 6h45 du matin, un décret remplaçant le Directeur général de la société guinéenne de Télécomplication a été publié sur les ondes de la radio nationale. Un décret qui délie les langues. Pour les uns, cet acte sanctionne la mollesse du directeur de la société de patrimoine qui n’aura pas pu empêcher que des SMS circulent pour mobiliser les manifestants. Pour les autres, et les plus nombreux, cette décision est la suite logique des réformes engagées par le ministre des Télécommunications et des NTI en vue de redynamiser le secteur des télécommunications. Woïka ! Thierno Diallo |
