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| A quoi sert un serment ? | | Imp | | Envoyer |
| Samedi, 12 Septembre 2009 00:00 |
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Lorsque le 23 décembre 2008, le capitaine Moussa Dadis Camara a annoncé la prise du pouvoir par le CNDD, il a rapidement renchéri que loin d’être un assoiffé du pouvoir, sa mission se limitait à conduire la Transition pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. De bonne foi, les Guinéens ont pris le chef de la junte au mot et se sont engagés en faveur du CNDD. En décembre 1999, le Général Bob Gueï a fait la même promesse aux Codivoiriens. En sa qualité d’officier assermenté, il a promis de balayer la maison pour se retirer et savourer allègrement sa retraite. Pour se donner une légitimité et briguer un mandat, El Dadis a choisi la traditionnelle manœuvre politicienne, qui consiste à quêter le soutien des maires et présidents des CRD, en mal de légitimité dans leurs localités respectives. En Côte d’Ivoire, le Général Bob Gueï a procédé autrement pour se donner une légitimité. Lorsque le débat constitutionnel s’est cristallisé sur la guerre des conjonctions entre le «Et» et le «Ou», Bob, selon ses propres termes, a décidé de se «mettre à l’écoute du peuple». Ce peuple n’était en fait que les maires et les chefs traditionnels de la Côte d’Ivoire profonde. Résultat ? L’expression «Entre Ivoirien de père ou de mère» a sauté au profil de celle «Entre Ivoirien de père et de mère». Malgré le verdict de ce peuple, un référendum a été nécessaire pour adopter la constitution. Et les Codivoiriens de s’interroger sur l’opportunité d’un référendum lorsque Bob Gueï affirme avoir écouté le peuple. Si El Dadis a découvert une procédure idoine pour obtenir la décision du peuple en dehors du suffrage universel et du vote parlementaire, pourquoi les Guinéens iraient-ils à des élections onéreuses, à la limite inutiles ? Autant proclamer El Dadis élu par les maires et présidents des CRD. Le problème qu’a posé la candidature du Général Gueï en Côte d’Ivoire et que pose celle du capi Dadis en Guinée est la valeur d’un serment pour un officier assermenté. La crise de confiance provoquée par le non-respect d’un engagement pris en toute liberté par le CNDD risque de plonger la Guinée dans un climat de suspiscion permanente. Une situation qui pourra ramener le pays à la case départ. A sa prise du pouvoir en 1984, le CMRN jouissait d’une certaine popularité. Mais 24 ans après, le pacte de confiance a été rompu. Au soir de sa vie, le Général Fory Coco ne représentait pas grand’chose aux yeux du Guinéen moyen. Et pour cause ? Sa propension à violer tout engagement qu’il prenait. En sera-t-il de même avec le président du CNDD ? En tout cas, on a souvent coutume de dire que “ depuis la nuit des temps, le chien n’a jamais changé sa manière de s’asseoir ” (proverbe sénoufo). T. Diallo |
