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| Dix questions « Trans-histoires » au Baadikko de l’UFD | | Imp | | Envoyer |
| Écrit par Abou Bakr etThierno Hassane |
| Dimanche, 14 Mars 2010 23:31 |
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Dix questions «Trans-histoires» au Baadikko de l’UFD Nous avons rencontré l’autre semaine le Baadikko de l’UFD, un des manitous du Forum des Forces vives, pour prendre le pouls de leur organisation et de la transition. Le Lynx : Vous avez été l’un des piliers de la rédaction de l’accord politique global inter-guinéens. Quelles en sont les grandes lignes ? Le Baadikko: Comme vous le savez, le conflit politique majeur qui a éclaté en Guinée et qui a amené la communauté internationale à s’y intéresser et à travailler à sa résolution, a été “l’affaire du 28 septembre ”, la manifestation de l’opposition qui a été réprimée dans le sang, avec des milliers de blessés, de torturés, des femmes violées et beaucoup de morts et de disparus. C’est par la suite de ce conflit qu’un médiateur a été nommé par la CEDEAO, à la demande de la communauté internationale. Le travail de la médiation était de rapprocher les deux parties : le CNDD et les Forces Vives, pour arriver à un accord politique global pour sortir de la crise. Cet accord est donc un document juridique très important, qui balise le chemin de la transition vers des élections libres, équitables et transparentes et le retour à l’ordre constitutionnel. C’est un document juridique qui crée les bases juridiques de la transition. Il définit le rôle de chacun, le rapport entre les uns et les autres. Il prévoit même tous les mécanismes du suivi et d’arbitrage et nous apprend à agir dans le cadre d’un Etat de droit. Ce qui n’a jamais été le cas en Guinée. Même s’il y a eu des textes, ils n’ont jamais été appliqués. Il a été rédigé sur la base de tous les projets qui ont circulé à Ouaga et il a totalement pris en compte la déclaration de Ouaga qui a été signée le 15 janvier 2010 entre les deux chefs du CNDD: le capitaine Moussa Dadis Camara, président du CNDD et son vice-président, le Général Sékouba Konaté, en présence du médiateur qui a posé les jalons fondamentaux de la résolution de la crise guinéenne. Nous n’étions pas partie prenante de cet accord, mais nous en avons totalement approuvé les termes et nous avons intégré ses dispositions dans l’accord politique global inter-guinéens. Ce qu’il faut dire à nos compatriotes, c’est que nous avons eu l’habitude de travailler en marge des lois et des règlements, l’habitude d’ignorer la loi, de travailler dans l’informel, de gérer la Guinée comme une épicerie où on peut transgresser les lois comme on le veut. On peut violer les textes, faire ce qu’on veut et perpétuer un pouvoir. Aujourd’hui, nous sommes vers la sortie des crises, vers l’apprentissage de l’Etat de droit. L’accord politique global est un document juridique de référence de la transition, qui sert même de charte de la transition, qui va permettre en même temps une transition consensuelle et pacifique. Il ne faut pas que demain, un conflit éclate à propos d’un point ou un autre qui figure dans cet accord. Certains pensent que le Premier ministre Jean-Marie Doré n’a pas apprécié ce projet d’accord… Je suis désolé, je ne parle pas au nom du Premier ministre, M. Jean-Marie Doré. Il a certainement ses propres appréciations de ce document, mais le mieux, puisque je n’ai pas entendu directement sa réaction, serait de lui poser la question. Je serais étonné qu’il soit contre cet accord, dans la mesure où tous les principaux points ont été contenus dans la déclaration de Ouaga, qui a été la base même de sa propre nomination. Vous comprenez que je ne suis pas très à l’aise pour constater que quelqu’un conteste un document qui est à la base même de l’existence de sa propre fonction. Il aurait dit que l’accord a été violé avec la désignation de Hadja Rabi Serah comme président du CNT à la place d’un religieux… Nous ne pouvons que lui laisser la responsabilité. Il a sa propre tournure d’esprit et sa façon de voir les choses. Si le fait qu’il y ait une légère modification d’un point entraîne pour lui la nullité de tout le document, on lui laisse la responsabilité. A mon avis, on ne peut pas faire de lien. S’agissant du CNT, il y a eu des problèmes que l’on a constatés. Lorsque la déclaration de Ouaga a été faite, on ne savait pas qui allait être Premier ministre. Maintenant est-ce qu’on peut trouver normal que dans un pays comme le nôtre, on ait le Premier ministre, le Président du CNT, le Président de la Cour suprême, le Président du conseil national de la communication, le Président du Conseil économique et social, qu’ils soient tous des chrétiens ? Est-ce que cela est possible dans un pays composé de plusieurs communautés, qui ont des droits égaux à diriger le pays et à faire entendre leurs voix dans la façon dont le pays va être dirigé. Je pense qu’on a fait mieux que ce qu’on a dit à Ouaga, au lieu d’avoir un religieux, nous avons deux au présidium du CNT. Je ne vois pas en quoi l’accord a été violé et quand bien même, s’il a été violé, il faudra rejeter tout l’accord et revenir sur la nomination du premier ministre. En tant que Forces Vives, que comptez-vous faire si l’accord n’arrive pas à être signé ? Je ne peux pas parler au nom des Forces vives. Notre tâche en tant que dirigeants de partis politiques, c’est d’attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les dangers de vivre dans une transition de non droit. Il faudra que nous expliquions cela à toutes les parties prenantes. Le médiateur a demandé, pour que l’accord ait une grande porte sur le plan guinéen, qu’on y intègre la signature des partis qui ne sont pas membres des Forces Vives. Nous sommes parfaitement d’accord à ce principe, à condition d’abord qu’ils ne remettent en cause les principes fondamentaux de la déclaration de Ouaga et qu’on ne s’engage pas dans une guérilla de textes pour empêcher que l’accord soit signé ou pour le vider de son contenu et faire en sorte que le texte n’ait aucune portée pour la sortie de crise en Guinée. Nous sommes tout à fait ouverts à eux. Le porte-parole des Forces vives, M. Louncény Fall qui a pris en charge le problème, est en train de les contacter. Mais lorsque certains disent qu’ils ne veulent pas des élections en ce moment, on les comprend, puisqu’ils savent très bien ce qui va en sortir pour eux. Quand ils disent que les six mois de la transition ne sont pas corrects, vous comprenez que là il s’agit d’une ligne rouge, ils touchent à des questions de principe. Nous sommes, dans ce cas, obligés de nous passer de leur avis pour la signature de l’accord. Et nous espérons qu’entre ces éléments et l’écrasante majorité de la population guinéenne, le facilitateur ne laissera pas que le pays soit pris en otage par des éléments qui sont pour la plupart, encouragés, financés dans le passé par le CNDD. Nous avons souhaité qu’ils reviennent aux Forces vives, pour que nous travaillions main dans la main. Certains parmi eux y étaient déjà. Cela nous permettra d’avancer dans la lutte pour la démocratie, mais s’ils veulent faire des obstructions et prendre le pays en otage à travers de blocages qu’ils vont organiser, il faudra que le problème soit tranché par le peuple de Guinée lui-même. Nous avons un gouvernement d’union nationale que d’aucuns qualifient de pléthorique. Est-ce que l’UFD y est représenté ? Depuis toujours nous avons souhaité que l’on tienne compte de la grave crise économique, sociale et financière que traverse le pays. Qu’on ne mette pas, dans ces conditions, des gouvernements pléthoriques comme nous en avons connus et que nous connaissons depuis peu. Malheureusement, dans les différentes instances des Forces vives, nous n’avons pas été entendus lorsque nous avons abordé cette question de la limitation du nombre de sièges. Nous avions une préférence pour 22 sièges qu’on avait estimé tout à fait suffisants. Mais nous n’avons pas été suivis et nous n’en avons pas fait un problème. L’UFD a été l’un des premiers partis à s’être engagé dans la lutte pour le changement. Notre ligne a été constante depuis que nous existons. En termes de représentativité, nous avons posé notre candidature, mais nous n’avons pas été retenus dans le choix du Premier ministre. Mais nous serions affligés, si nous n’avions pas eu de représentation dans un gouvernement élu, découlant d’élections libres et honnêtes. Nous sommes dans un gouvernement qui a été choisi. Ceux qui choisissent le font, selon leurs propres critères. Nous revendiquons le titre de véritables forces de changement dans ce pays. Si le Premier Ministre n’a pas jugé utile de nous incorporer, il ne s’agit pas d’un gouvernement élu. Nous attendons des élections libres et équitables. Nous demandons à nos amis de ne pas accorder trop d’importance à cela. C’est un gouvernement de transition de six mois. Mais, il faut savoir que si nous avions eu comme but ultime d’avoir un poste au gouvernement, nous l’aurions certainement eu. Mais en ce moment-là, nous aurions abandonné nos principes fondamentaux, à savoir, lutter pour le changement démocratique. Nous avons fait le choix et c’est ce qui a prévalu. Il se dit au sein des Forces vives que ce choix aura été fonction de la position de certains membres du Forum qui ont tenu à rédiger le projet d’accord global inter-guinéen… De façon non officielle, nous avons eu ces informations. Je dois dire même que nous ne sommes pas les seuls à avoir milité pour cet accord global et à n’avoir pas été retenus dans le gouvernement de M. Jean-Marie Doré. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que l’accord politique global n’a jamais été rédigé pour ou contre quelqu’un. Il a été rédigé pour donner un cadre de travail sérieux, objectif, efficace pour la bonne fin de la transition. Que cela débouche sur un ordre constitutionnel qui était attendu depuis tant d’années. Il semble que le Premier ministre a réagi pour afficher son intention de présenter sa candidature, pour la simple raison qu’à Ouaga il n’y a pas eu d’accord avec les Forces vives, mais plutôt des déclarations entre collègues du Cndd… Peut-être cela indique pourquoi l’accord politique global dérange. Mais en dernier ressort, c’est le peuple de Guinée qui va juger et élucider. N’oublions jamais que les tragiques événements du 28 septembre ont été provoqués par l’entêtement du chef de la junte militaire, issu d’un coup d’Etat, à se présenter alors qu’il y avait un consensus pour que tout le gouvernement de la transition, dans le respect du processus démocratique, ne puisse pas se présenter. Maintenant, si quelqu’un estime qu’il est plus fort que Dadis, on lui en laisse la responsabilité. C’est le peuple en ce moment, qui aura à trancher. Vous étiez proche de Jean-Marie lors des négociations, aujourd’hui vous semblez avoir pris vos distances. Est-il l’homme de la situation ? Je vais vous répéter ce que nous avions dit à l’époque, quand le Premier ministre Lansana Kouyaté était nommé. On a dit qu’on va sans a priori. On ne surestime ni ne sous-estime personne. Le maçon sera jugé au pied du mur. Vous abordez une question qui m’est personnelle. Je dois rappeler que durant tous les mois d’octobre, novembre et décembre, j’étais le seul dirigeant politique qui était resté ici avec le doyen Jean-Marie Doré. Nous avons partagé les angoisses, les difficultés, les interrogations, les problèmes d’insécurité. Nous avons lutté ensemble, lui étant le porte-parole et moi, à côté de lui. Je ne regrette absolument pas le fait d’être avec lui. C’était ce qu’il y avait à faire. Il n’avait en ce moment aucune prise de position contraire aux principes démocratiques fondamentaux que nous débattions. Il est de son droit d’aller où il veut, tout comme il est de notre droit de ne pas accompagner quelqu’un lorsque nous ne comprenons pas très bien où il va. Il y a déjà au sein des Forces vives même qui commencent à s’interroger sur la façon dont le Premier ministre commence à exercer ses fonctions. Est-ce que vous pensez qu’il pourra faire l’affaire ? Nous ne serons pas aussi impatients pour juger quoi que ce soit dans l’action gouvernementale. Nous ne serons pas les derniers à nous rendre compte de ce qui va se faire, aussi bien de positif que de négatif. Mais nous estimons tout de même que nous sommes dans un gouvernement qui n’a pas eu un seul jour d’état de grâce, nous devons quand même le laisser se mettre au travail, montrer de quoi il est capable. La population appréciera. Nous représentons les intérêts supérieurs de la population. Ainsi, nous ne manquerons pas de donner notre opinion sur la façon dont les choses se passent. Lors d’une conférence de presse, le président de la CENI a dit que les Guinéens de l’extérieur ne peuvent pas voter pour les présidentielles prochaines, parce que leur enrôlement coûte du temps et de l’argent… C’est une situation extrêmement préoccupante. La population des Guinéens à l’extérieur est évaluée à plus de trois millions. On devrait au moins avoir deux ou deux millions et demi d’électeurs et d’électrices potentiels. Vous savez le rôle très important dans la lutte pour le changement, qu’à joué la communauté guinéenne à l’extérieur. Vous vous souvenez des manifestations dans toutes les villes occidentales. Vous savez comment la manifestation des Guinéens aux Etats-Unis a fait échouer la visite des ministres du CNDD dans ce pays. Ils ont joué un rôle déterminant dans l’attitude de fermeté que certains gouvernements ont eu à l’égard de la junte. Cela veut dire qu’ils font partie intégrante de la communauté nationale. Il faut qu’on se souvienne, qu’en réalité, cette question est récurrente. Il y a eu beaucoup de tentatives et beaucoup de gens, pour des raisons qui leur sont propres, qui ont toujours voulu empêcher le vote des compatriotes vivant à l’étranger, en disant qu’il y aura la manipulation, les Ambassades vont faire ceci ou cela. Mais les choses ont totalement changé. En 2008 lorsqu’on élaborait le chronogramme, il y en a qui disaient qu’on ne va pas se mettre à recenser les Guinéens à l’étranger. Nous, nous disons que cela est une omission grave. Si la Guinée n’a pas connu une crise économique plus aiguë, c’est grâce à l’apport massif des ressources des Guinéens de l’extérieur à leurs proches, qui sont restés au pays. Vouloir les omettre pour des raisons politiciennes ne me paraît absolument pas juste. Maintenant on n’a recensé que cinquante six mille Guinéens de l’extérieur, avec des coûts exorbitants en termes de frais de toutes sortes. La question qui se pose est de savoir si on pourra avoir les moyens d’aller plus loin que ça. Il y a une confusion qu’il faut lever, les gens disent que les Guinéens de l’extérieur ne participeront pas aux élections. A mon avis ce n’est pas cela. On a dit qu’on ne peut pas étendre le recensement au-delà de ceux qui ont été déjà recensés. Mais ceux qui sont recensés doivent normalement voter à quelques exceptions près. Puisque vous savez qu’à Paris, Bruxelles et Libreville, les manifestants à la suite des évènements du 28 septembre ont cassé les ambassades dans lesquelles se trouvaient le matériel de recensement. Il ne peut plus être question pour ceux-là de voter. Nous estimons que c’est une erreur de compréhension des gens. Les Guinéens qui sont inscrits régulièrement vont voter. Maintenant on n’a pas les moyens d’étendre dans les conditions actuelles, le recensement. Puisque nous avons une espèce de ligne rouge à ne pas dépasser. C’est la transition de six mois, un point c’est tout ! L’élection présidentielle doit se dérouler dans les six mois, nous sommes obligés par conséquent de faire un peu la part des choses. Faire l’impasse, malheureusement, sur l’extension du recensement. Sauf si par extraordinaire, il y a des moyens nouveaux qui sont dégagés pour cela. C’est aussi une question de volonté politique et je ne suis pas sûr qu’elle existe. Nombreuses sont les accusations contre Sidya Touré, Alpha Condé, et François Fall que l’on dit ne pas vouloir du vote des Guinéens à l’étranger, parce qu’ils n’y seraient pas suffisamment représentés… Je suis désolé ! Je ne suis pas informé des démarches que les uns et les autres auraient faites là-dessus. Nous disons seulement que le fait est-là, on ira à des élections en ayant mis de côté une fraction importante du corps électoral. Nous avons dit qu’on aurait pu faire un effort spécial, pour au moins ceux qui sont dans les pays de la CEDEAO, où il y a la plus grande partie de cette population. Mais nous ne sommes pas informés de la position des uns et des autres sur cette question. Nous attirons l’attention sur la nécessité de ne pas priver les Guinéens, où qu’ils soient surtout s’ils sont à côté, ils sont accessibles et on peut les atteindre. Il y a tout de même des surprises, il y avait des Guinéens qui étaient recensés dans le cadre des élections de 1993. Cette année, pour des raisons qu’on ne comprend pas, il a été arrêté que des milliers des Guinéens au Cameroun par exemple, que je connais bien, qui ont envie de voter, on leur dit de prendre l’avion, aller à Libreville, pour s’enrôler. Alors que ceux de Libreville n’arrivent pas à le faire. Sans compter le problème de visa et autres frais qu’il faut payer pour uniquement avoir le droit de mettre un bulletin dans l’urne. C’est une décision qu’on ne comprend pas. Nous espérons dans tout cela qu’il n’y a pas des idées derrière la tête. La CENI propose le 27 juin pour le premier tour et la mi-juillet pour le second. Est-ce que vous adhérez à cette proposition ? On ne peut pas vouloir d’une chose et son contraire. Les Forces vives sont accrochées à la fin de la dictature militaire et du système actuel. La mise en place d’un véritable ordre constitutionnel avec un président élu. Nous tenons à tout prix à ce que ce chronogramme soit respecté pour entrer dans l’esprit et la lettre de la déclaration de Ouaga et de l’accord politique global inter-guinéen. C’est une question de volonté politique. Si on veut réellement tenir ce délai, c’est tout à fait jouable. Il faut savoir qu’il y a eu des précédents: la Guinée-Bissau a organisé des élections en trois mois, la Sierra Léone a organisé les élections en hivernage. Au Congo, lors des élections de sortie de crise, il y avait sept cents partis, les Sud-africains qui ont aidé le processus, ont eu à refaire trois fois les impressions des quarante millions de bulletins de vote. Ils ont pourtant tenu le délai. Ce ne peut être qu’une question de volonté politique. Vous savez la Guinée est un pays compliqué, les gens peuvent créer des incidents de toutes sortes pour gagner ou perdre du temps et retarder les choses. Nous espérons que ce ne sera pas le cas et que la volonté politique sera sincère. Mamadou Tandja a été renversé par les militaires, pour mettre fin à une longue tractation politique. Peut-on dire que les coups d’Etat sont devenus une solution pour la restauration de la démocratie ? Je regrette, comme l’opinion nigérienne, africaine et internationale, qu’il ait fallu un coup d’Etat pour régler le problème d’un dictateur impénitent, qui se barricadait tout seul avec son clan et qui a défié sa communauté nationale et la communauté internationale. J’aurais bien voulu qu’il y ait une solution qui ne soit pas un coup d’Etat. Beaucoup de gens ont oublié que ce Monsieur est Colonel de l’Armée. C’est la pépinière de Sény Kountché qui a fait le coup d’Etat en 1974. Qu’un dictateur qui a fait un coup d’Etat soit balayé par un coup d’Etat, moi cela ne me choque pas, outre mesure. C’est la logique des coups d’Etat, régler tous les problèmes par la force. Tandja a pris des décisions arbitraires en se basant sur la force qu’il avait. Il s’était même vanté en disant qu’aucun coup de force n’était possible chez lui. Je suis heureux qu’il ait été démenti par les événements. On espère que les militaires Nigériens vont comprendre que s’ils veulent arrêter ce cycle de coup d’Etat, ils vont devoir rendre le pouvoir aux civils démocratiquement élus. Le chef des putschistes dit être plus proche d’ATT que de Dadis… Vous savez tout ce que disent les militaires dans les premiers jours où ils ont fait le coup d’Etat… Attendons de voir. Ils n’ont aucun intérêt à se renier, sinon c’est la loi de la jungle et celle de dictature militaire qui vont prévaloir. Ils en seront les premières victimes. On est quand même heureux que cette fois-ci, ils aient épargné la vie de Tandja. Contrairement a ce qui a été fait contre Ibrahima Barré Maïnassara, qui avait été éliminé… Il semble que ça ne va pas entre le Premier ministre Doré et la présidente du CNT Rabi Serah… Nous essayons de tout juger à travers les principes fondamentaux. Quel est le principe ? Nous sommes dans une Transition qui comprend le Pouvoir Exécutif avec un président de la transition, un Premier ministre et de l’autre côté un Conseil National de la Transition qui est un organe délibérant, chargé du contrôle de l’action gouvernementale et du toilettage des textes nécessaires à la tenue des élections équitables. S’il y a un des organes qui veut interférer dans les prérogatives de l’autre, c’est une question qui mérite d’être posée. Et tout ceci, l’accord politique global défini clairement, les attributions des uns et des autres. On comprend, s’il y a par hasard des oppositions à cet accord global, mais c’est une situation extrêmement dommageable et dangereuse qui est en train de se profiler. Si nous travaillons à l’aveuglette sans texte, c’est des genres de querelles qui seront difficiles à régler pacifiquement. Chacun doit rester dans son rôle, nous ne concevons pas qu’on ait un gouvernement non démocratiquement élu, qui veut échapper à tout contrôle. Ce n’est pas admissible ! Un dernier mot… Je reprendrais le message de la communauté internationale particulièrement, pour remercier le Dr Ibn Chambas. Je considère qu’il est un digne fils du président NKrumah, le grand panafricain. Il s’est donné corps et âme pour la Guinée, il a risqué beaucoup de choses sur le plan personnel, physiquement, pour la Guinée. Aujourd’hui il est parti. Le résultat obtenu, il faut que la population guinéenne sache que c’est grâce à la solidarité africaine, mais surtout à l’engagement du Dr Ibn Chambas et des gens qui sont comme lui, dans l’équipe de la CEDEAO. Il faut que le peuple de Guinée se souvienne qu’il veut réellement nous voir sortir de cette crise, qu’on sorte de cette misère, qu’on sorte de cette dictature, de ces tueries et viols et qu’on s’engage dans la voie de la démocratie, la paix et de la renaissance économique et sociale. Je viens en appui à la déclaration du porte-parole des Forces vives devant le Groupe de Contact, en espérant que nous aurons une transition apaisée et que nous arriverons à mettre en avant les intérêts supérieurs du pays. Nous appelons tous les compatriotes et les partenaires à s’y engager.
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