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Écrit par Olivier Roger - RFI   
Mercredi, 23 Décembre 2009 15:18

Toumba  pointe  El  Dadis  sur RFI

 

Pour la première fois depuis qu’il a disparu de la circulation le 3 décembre, juste après avoir ouvert le feu sur El Dadis Camara, Capitaine Toumba Diakité s’explique à la fois sur les événements du 28 septembre et sur ceux du 3 décembre. Sur les ondes de Radio France Internationale dans une interview exclusive au micro de notre con(.)frère Olivier Roger. Il attribue la paternité des horreurs à El Dadis et explique un peu la tentative d’assassinat dont celui-ci a été l’objet.

 

RFI : Pourquoi vous avez tiré sur le Président Dadis ?

Aboubacar Sidiki Diakité : J’ai tiré sur lui parce qu’à un certain moment, il y avait eu une trahison totale à mon égard. Une trahison totale de la démocratie.

 

Est-ce que vous pouvez être plus explicite sur cette trahison totale à votre égard? De quelle manière le Président Dadis Camara vous a-t-il trahi ?

 

Il a essayé de reposer toutes les charges des événements du 28 septembre sur ma personne, étant donné que sincèrement je n’en ai rien par rapport aux événements du 28 septembre. On a eu à parler plusieurs fois au bureau, un entretien tête-à-tête. Il a toujours voulu, avec le système classique, un montage que je puisse intervenir dans ce sens, parce que les événements du 28 septembre tout le monde pense que c’est les bérets rouges de la garde présidentielle qui ont ouvert le feu sur la population, étant donné que c’est le contraire. Le scénario a été monté comme ça. Lorsque le Président a su que les militants devaient descendre dans les rues, il a préparé certains anciens sportifs pratiquants du camp Alpha Yaya. Les anciens élèves de l’actuel ministre de la sécurité présidentielle, Pivi. Ils étaient au nombre de 500 personnes. On leur a fait la promesse qu’après la mission, ils seront intégrés au sein des forces armées guinéennes. Ceux-ci ont été préparés pour s’interposer aux manifestants. Et également il y a 250 nouvelles recrues de l’école du centre d’instruction de l’armée de mer, située à Maférinyah, qu’ils ont fait venir et ajouté sur les 500 personnes pratiquants d’arts martiaux. Ce sont ces gens en civil, armés d’armes blanches et de couteaux, qui sont partis. Ils étaient dirigés par un caporal-chef, qui est l’un de leur maître, Abdoulaye Touré. Il est du régiment commando, il est des commandos chinois et un certain sergent-chef Bamba Haba qui ont dirigé le groupe, pour aller vers la ville en civil à bord d’un car. Ils sont partis s’attaquer aux militants et finalement ça a mal dégénéré. Même les pratiquants eux-mêmes, certains ont perdu leur vie, lors de cet affrontement.

 

Comment vous expliquez parmi les centaines de témoins qui ont raconté ce qui s’est passé au stade, que personne n’évoque ces gens en civil armés de couteaux et de manchettes? Tout le monde parle de militaires qui ont violé, d’hommes en habit qui ont tué et pas de civils armés de couteaux…

 

Si vous remarquez à un certain moment, même Jean-Marie Doré a dit que ce n’était pas des militaires qu’il avait vus, mais des rebelles habillés en civil, qui parlaient de n’importe quoi. Effectivement je parlais de mon arrivée au stade vers les 11 heures. Mais je vais vous parler des réalités exactes du terrain, ce qui s’est passé au stade du 28 septembre. C’est parmi les 500 sportifs du camp auxquels on a promis d’être incorporés dans l’armée après leur mission. Ils ont fait venir 250 nouvelles recrues du centre d’instruction de l’école de l’armée de mer et qu’ils ont ajouté sur les 500 sportifs. La plupart des massacres ont été occasionnés par ces jeunes civils. C’est lorsque la situation a dégénéré autrement, qu’ils m’ont demandé avec mon adjoint de venir maîtriser les gens. C’est quand je suis venu avec certains bérets rouges, il faut reconnaître, je me suis fait le premier devoir de sauver les leaders politiques pour les conduire à l’hôpital. Certains leaders politiques l’ont reconnu. Sachant tout ce qui s’est passé et que maintenant le Président de la République a voulu mettre ses charges sur moi. J’ai dit non, les réalités du terrain… vous connaissez, ce qui s’est passé. Lorsqu’ils ont parlé de la commission d’enquête, ils ont préparé une douzaine de personnes en civil, qui devraient être présentées en tenue militaire comme étant bérets rouges. Ils font dire qu’ils ont été payés par les leaders et c’est eux qui les ont autorisés à tuer. J’ai dit que je ne peux pas comparaître avec des personnes inconnues.

 

M. Diakité, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui s’est passé ce mercredi 3 décembre, lorsque vous vous êtes disputé avec Dadis Camara? ça s’est terminé par un tir en direction de sa tête, qu’est-ce qui s’est passé ? A quel endroit étiez-vous ? Comment la scène s’est passée ?

 

Le matin, le commandant du camp Koundara, Mohamed 2 Camara m’a rendu compte que le chef des opérations, Capitaine Joseph Makambo est parti arrêter deux de ses hommes pour les conduire au PM3. J’ai répondu qu’étant commandant du régiment, aide de camp, je dois être informé de toutes les activités de la présidence. N’étant pas informé, ils m’ont demandé de partir à la gendarmerie, de force, pour faire sortir les détenus. Donc, je me suis rendu personnellement à l’état-major de la gendarmerie, j’ai fait sortir au PM3 les détenus et je les ai conduits au camp Koundara. En ce moment, je ne sais pas comment il (ndlr: Dadis) a été informé et il est venu me trouver là-bas à Koundara. Automatiquement, il a ordonné de m’arrêter. Et j’ai compris que tout était fini pour moi. En m’arrêtant, c’était pour mettre toutes les charges sur moi. Et entre moi et lui, on a un pacte de non trahison. Et donc,  c’est ainsi que j’ai dit que je suis aide de camp, je dois être informé de toutes les arrestations.

 

Vous avez donc pris votre arme et tiré sur le Président?

 

Il est venu me trouver avec l’arme.

 

Comment ça s’est passé ? Vous lui avez tiré dessus à bout portant, en visant la tête?

 

Bien sûr.

 

Comment vous expliquez que le coup n’a pas été fatal? Parce qu’apparemment il est soigné à Rabat. Il recommence à retrouver ses esprits. Si vous lui avez tiré dessus à bout portant, vous qui êtes militaire, aguerri au combat, pourquoi le coup n’a pas été fatal selon vous ?

 

Honnêtement, j’ai ouvert à bout portant sur lui. Il est tombé et pendant ce temps, je me suis pris avec le chargé des opérations. On s’est bagarrés,  avant de finir avec ce dernier, j’ai constaté qu’ils l’ont transporté à l’hôpital militaire.

 

Comment s’appelle le chargé des opérations avec qui vous vous battiez ?

 

Le capitaine Joseph Makambo ! Le jour du 28 septembre, c’est lui également qui avait pris le second groupe habillé en civil et sur l’axe Hamdallaye-Wanindara avec le ministre Pivi et un certain Gono Sangaré qui ont ravagé la population vers la haute banlieue.

 

Après que vous avez tiré sur le président, le chargé des opérations Joseph Makamba qui était chargé de la protection du président, s’est battu avec vous. C’est bien ça ?

 

Oui ! Parce que quand ils sont venus, ils m’ont trouvé assis sur la chaise. Et ils se sont acharnés sur moi. Tout de suite, il a ordonné à Makambo de m’arrêter. Et quand ce dernier a tenté, c’est en ce moment que moi j’ai ouvert le feu. Moi et Makambo, on a commencé à se battre.

 

Il est mort Makambo, vous l’avez tué ?

 

Ils m’ont dit qu’il est mort, parce que je n’étais plus sur les lieux. Moi, je l’ai attaché et je l’ai laissé là-bas.

 

Comment avez-vous pu quitter le camp Koundara ? Parce que Dadis Camara est venu avec de nombreux soldats, même si le camp Koundara vous est acquis, puisque c’était votre troupe qui était là-bas. Comment avez-vous réussi à fuir et à éviter d’être tué ?

 

Vous savez, le commando c’est sur le terrain. Quand j’ai ouvert le feu, les gens ont commencé à fuir. J’ai nourri le feu et finalement ils ne pouvaient plus s’approcher. Mais pendant ce temps, c’est lors de la bagarre avec l’autre, qu’ils ont pu le conduire à l’hôpital.

 

Quand vous avez commencé à ouvrir le feu, beaucoup de gens ont commencé à partir?

 

Oui ! Quand j’ai ouvert le feu, il y a eu une panique. C’est avec le chef d’état-major de la gendarmerie, le commandant Ibrahima Baldé qu’il (ndlr: Dadis) était venu. Il est venu dans le même véhicule que le Président.

 

Est-ce que vos hommes étaient autour de vous,  quand vous avez tiré sur le Président ?

 

Quelques uns, c’est tout !

 

Et ces hommes ont pris votre défense ?

 

Tout le monde a fui.

 

Est-ce que quand vous avez tiré sur le président, vous avez eu le temps de constater sa blessure ? Est-ce qu’il est blessé au front, à la tempe ou à l’oreille?

 

Si je ne me trompe pas, ça doit être un peu à la nuque ou quelque part là-bas.

 

Vous lui avez tiré de face ou de dos ?

 

C’est dans la discussion, le mouvement de sa tête. On était de face.

 

Il a tourné la tête au moment vous avez tiré dessus ?

 

Voilà !

 

Le ministre-conseiller à la présidence, Idrissa Chérif, affirme que les services secrets français vous ont manipulé pour assassiner le Président. Est-ce que vous avez eu par le passé des contacts avec des services secrets étrangers ?

 

Là, il se trompe. Parce que je n’ai jamais eu de contact avec l’étranger. C’est la première fois avec vous la presse.

 

Les accusations contre la France sont infondées, il n’y a pas de complot contre Dadis?

 

Pas de tout, il a menti !

 

Vous étiez très proche de Dadis Camara à une époque et pendant toute cette année. En plus d’être son aide de camp et son ami, vous étiez son homme de confiance, et même certains disent que vous avez un rôle mystique auprès du Président. Est-ce que tout ça est exact ?

 

Bien sûr  ! C’est vrai, ils ont raison, c’est juste !

 

Vous avez connu à quelle époque Dadis Camara ?

 

Il y a environ six à sept ans.

 

Et entre vous, il y avait un pacte de non trahison ?

 

De non trahison de tout.

 

Vous occupiez quelle fonction quand vous l’avez rencontré ?

 

Il était à la division carburant. Moi, j’étais le chef de service cardiologie des forces armées. Je suis médecin. Je voudrais que vous considérez mes déclarations authentiques. Je n’invente rien.

 

Comment vous avez fait pour échapper à toutes les forces de police et les militaires guinéens, qui sont à votre trousse depuis le 3 décembre ?

 

Depuis le 3 décembre, c’est dur.

 

Est-ce que vous êtes toujours en Guinée ou à l’étranger ?

 

Je suis en Guinée !

 

Avez-vous un message particulier à l’adresse de Sékouba Konaté ?

 

Bien sûr ! J’ai tout le respect pour le Général Sékouba Konaté, en ce sens que durant tous les événements, il n’était pas présent sur les lieux. Je voudrais tout simplement qu’il considère mes situations, qu’il sache que c’est les réalités du terrain. Il n’est mêlé à rien dans ça. C’est une personne de probité morale, dont j’ai confiance. C’est un acte de trahison qui m’a poussé à agir avant que ça ne soit à mon tour. C’est extrêmement important parce que les événements du 28 septembre ont été montés et d’autres choses ont été montées. Donc, c’est moi qui devrait répondre à tout ça étant donné que ce n’est pas ça de tout.

 

Est-ce que vous comptez vous livrer à la justice de votre pays, ou est-ce que vous pensez continuer à vous cacher ?

 

Je ne compte pas me livrer, parce qu’ils ne veulent pas que la réalité même soit connue. Donc, ils préfèrent me tuer avant que je ne parle. C’est une chance que j’ai eue avec vous, de donner des explications. Sinon les leaders politiques n’en ont pour rien dans la situation -là. C’est une provocation que le gouvernement a monté contre les leaders, c’est tout !

 

Comment Dadis voulait s’y prendre pour faire porter le chapeau ?

 

C’est par rapport au déroulement, parce que c’est lui l’initiative. Non seulement il a oublié la promesse qu’il a tenue à la population, en disant qu’il n’allait pas se présenter, il n’est pas venu pour le pouvoir et ni aucun membre du gouvernement n’allait se présenter. Mais aussi il se permet de monter des scénarios pour se maintenir toujours au pouvoir. Je vous ai parlé des 500 pratiquants d’arts martiaux du ministre de la sécurité présidentielle, Pivi. Il a entretenu ceux-ci à travers le caporal-chef Abdoulaye Touré et le sergent-chef Bamba Haba. Et le jour du 28 septembre, il les a envoyés en précurseurs pour aller s’interposer, empêcher les manifestants sur leurs chemins. Tous les dégâts ont été occasionnés par ceux-ci. Il connaît cette réalité du terrain. Et il a également fait venir 250 nouvelles recrues du Centre d’instruction de l’école de l’armée de mer, dirigées par le chargé des opérations, capitaine Joseph Makambo, son intendant particulier Capitaine Gono Sangaré et Pivi lui-même. Ils ont été habillés en tenue civile, armés en armes blanches et qui ont causé d’énormes massacres. Et tout ceci, il connaît ces réalités du terrain. Et nous, nous sommes venus avec mon adjoint au stade, dans les environs de 11 heures. La situation était déjà pire et on a trouvé même le ministre chargé de l’anti-drogue et du grand banditisme, Tiégboro sur les lieux et puis le chef-d’état major de la gendarmerie nationale, commandant Baldé était aussi au stade et le commandant du CMIS étaient tous présents avec tous leurs hommes. C’est en ce moment que nous sommes venus trouver ceux-ci. Et la responsabilité individuelle que j’ai prise, c’était directement aller pour sauver les leaders.

 

Donc vous n’êtes nullement responsable des violences du stade, ce sont directement les hommes qu’avaient envoyé Dadis Camara et ce ne sont pas les hommes qui étaient sous votre commandement ?

 

Parce que par exemple, mon adjoint avait les instructions directes du Président pour attacher les leaders. Et les leaders peuvent en témoigner, parce qu’ils ont un souvenir de lui par rapport à ses comportements de ce jour. Mais moi, la responsabilité individuelle et morale que j’ai prise a été prouvée et témoignée par les leaders. Et c’est ce que j’ai pu faire, donc sachant toutes les réalités, lui il se permet et même le projet qu’ils ont prévu lorsqu’ils ont accepté les enquêteurs internationaux, ils ont préparé une douzaine de civils qui allaient répondre aux juridictions. Ils vont faire semblant que ce sont ceux-là qui ont été arrêtés, qui ont été mandatés et payés par les leaders. Moi, je dis que je ne peux pas comparaître avec quelqu’un que je ne connais pas et qui va se permettre d’accuser les leaders.

 

Beaucoup de témoignages recueillis après les événements du stade montrent que ce sont les bérets rouges qui ont commis les exactions. Vous étiez parmi ces bérets rouges !

 

Je suis venu, mais cela ne signifie pas que je me suis comporté autrement. Effectivement, il y a eu tous les corps habillés qui, ce jour, se sont mal comportés. Je veux parler de mon adjoint, le sous-lieutenant Marcel Béavogui qui a blessé tous les leaders politiques. Moi-même, j’ai reçu des coups. Les leaders peuvent vous en témoigner. J’ai reçu des coups, j’ai aussi donné des coups à certains militaires, policiers et gendarmes pour sauver les leaders. Moi, c’est ce que j’ai pu faire. Il y avait la police, il y avait la gendarmerie. Il y avait les hommes infiltrés par le pouvoir. Certains avaient une prétention ethnique, et il fallait coûte que coûte défendre le pouvoir en place.

 

Comment les choses se sont passées le 3 décembre ?

 

Il (ndlr: Dadis) est venu me chercher à Koundara, avec tout son cortège dans l’intention de m’arrêter. Il est venu en me demandant ce qui ne va pas et qu’est-ce que je suis en train de semer. Et même mon chapeau, il a tapé ça. Je lui ai répondu que: “ je suis votre aide de camp, les arrestations arbitraires, il faut que je sois informé. J’ai dit je ne sais pas de quoi vous parlez. Son chef d’opération, Makambo, voulait venir vers moi. C’est en ce moment, parce que j’avais une arme sous la main, c’est en ce moment, que j’ai ouvert le feu sur lui. Je dis bien et je précise une balle environ une à deux doigt sur la nuque.

 

Vous avez tiré du côté de la nuque, côté droit, cela veut dire qu’il était de dos ?

 

Non, il n’était pas de dos ! C’est suivant le mouvement de sa tête

 

Et qu’est-ce qui s’est passé ensuite quand vous avez tiré sur le président ?

 

Il est tombé et automatiquement je l’ai laissé, parce que son chargé d’opération était parti prendre une arme lourde, pour ouvrir le feu sur moi. Moi aussi, je me suis précipité sur lui. On a commencé à se bagarrer. C’est pendant cette bagarre que les gens l’ont pris pour le conduire dans un hôpital. Moi, je me battais en ce moment avec l’autre. J’ai pu le dominer et lui aussi il est resté là-bas.

 

Il y avait plein de soldats de la garde rapprochée du président, comment avez-vous pu vous enfuir ?

 

C’est eux qui ont fui, parce que moi j’ai réagi.

 

Est-ce que vous aviez des hommes autour de vous ?

 

Le matin, je suis venu avec mes gardes au nombre de cinq, c’est moi qui complétait le sixième. Y compris certains éléments de Koundara, mais qui n’étaient pas tellement motivés.

 

Quand vous vous êtes battu avec Makambo, ces hommes vous ont protégé pendant que les autres fuyaient. Est-ce qu’il y a eu une fusillade ?

 

Non ! Il n’y a pas eu de fusillade maintenant. C’est que moi aussi, c’est pas facile que les gens m’offensent comme ça. Ce n’est pas du tout facile. Ils savent qui était devant eux.

 

Il y avait combien de personnes autour de Dadis, quand vous lui avez tiré dessus?

 

Imaginez tout un cortège, ça pouvait compter près de cinquante personnes.

 

Et ces cinquante personnes vous ont laissé vous battre avec Makambo sans réagir ?

 

Ils ne pouvaient pas!

 

On peut imaginer que la réputation magique que l’on vous prête, a pu jouer un rôle ?

 

C’est dur. C’est dans les circonstances qu’on peut se rendre compte.

 

Pourquoi avez-vous tiré sur le Capitaine Moussa Dadis Camara ?

 

J’ai tiré sur lui, parce qu’à un certain moment, il y avait une trahison totale à mon égard. Une trahison totale de la démocratie. Il a essayé de reposer toutes les charges des événements du 28  septembre sur ma personne. Un acte de trahison qui m’a poussé à agir avant que ça ne soit moi, mon tour. C’est extrêmement important, parce que les événements du 28 septembre ont été montés, les projets ont été montés. C’est moi qui devrais répondre à tout ça, étant donné que ce n’est pas cela du tout.

 

Est-ce que vous comptez vous livrer à la justice de votre pays ou est-ce que vous pensez continuer à vous cacher ?

 

Je ne compte pas me livrer, parce qu’ils ne veulent pas que la réalité même soit connue. Donc, ils préfèrent me tuer avant que je ne parle. C’est une chance que j’ai eu à m’expliquer à vous .

 

Beaucoup de témoignages recueillis après les événements du stade, montrent que ce sont les bérets rouges qui ont commis les exactions. Vous étiez parmi ces bérets rouges !

 

Je suis venu, mais cela ne signifie pas que je me suis comporté autrement. Effectivement, il y a eu tous les corps habillés qui, ce jour, se sont mal comportés. Je veux parler de mon adjoint, le sous-lieutenant Marcel Beavogui qui a blessé tous les leaders politiques. Moi-même, j’ai reçu des coups. Les leaders peuvent vous en témoigner. J’ai reçu des coups, j’ai aussi donné des coups à certains militaires, policiers et gendarmes pour sauver les leaders. Moi, c’est ce que j’ai pu faire. Il y avait la police, il y avait la gendarmerie. Il y avait les hommes infiltrés par le pouvoir.

 

Et vous, vous dites que tous ces gens-là avaient été envoyés directement par  Dadis Camara ?

 

Tout à fait !

Propos recueillis par Olivier Roger

 

Ndlr: Nous avons contacté par téléphone, Frédéric Kolié, le ministre de l’Administration du territoire et des affaires politiques, pour une réponse aux propos de Toumba.  «Il n’y a pas de déclaration pour le moment. Nous allons faire la déclaration plus tard ”. Ainsi choit-il !

 

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