Mosquée Fayçal: Les parents des vicitimes réclament… «Rendez-nous nos morts ! » PDF  | Imp |  Envoyer
Écrit par Bah Mamadou   
Lundi, 19 Octobre 2009 15:05
Vendredi 2 octobre, une foule nombreuse a pris d’assaut la mosquée Fayçal de Donka, pour assister à la cérémonie de restitution des 58 corps de Guinéens, tués par les bidasses ce lundi 28 septembre au stade du même nom .

Tôt le matin, les flics de la Compagnie Mobile d’Intervention de la Sécurité (CMIS) ont investi les lieux, pour filtrer le passage de la foule. Aux environs de 10h, les premiers camions des bidasses en provenance des morgues d’Ignace Deen et de Donka, ont fait leur entrée dans l’enceinte de la mosquée. Sur les 58 corps, 9 étaient gardés à la morgue d’Ignace Deen. Selon le médecin légiste, les capacités d’accueil de ces deux morgues ne dépassent pas 20 corps à raison de 10 par morgue.

Les parents des victimes, partagés entre consternation et colère, scandaient des slogans» Allahu Akbar ! Allahu Akbar !». Dieu est grand. Les agents de la Croix-rouge ont fait descendre les corps en état de décomposition avancée. Ils les ont exposés sous les 11 tentes installées sur l’esplanade de la mosquée. Forte odeur de putréfaction.

Il a fallu que ces 58 corps enveloppés dans des linceuls blancs, pour la plupart méconnaissables, soient exposés pour que la colère de la foule se déclenche. Le Secrétaire général des Affaires religieuses, Koutoubou Moustapha Sano, essaie d’intervenir pour calmer les ardeurs. En vain. Il est pris à partie par la foule. Injures et menaces

fusent de partout «Escroc, dis à Dadis que nous ne voulons plus de lui ! Il ne faut avoir peur que de Dieu». Koutoubou Moustapha est molesté. Ses habits en prennent un coup. Dans la bousculade, on lui a frayé un chemin menant droit dans la mosquée pour échapper au lynchage. Le deuxième imam de la mosquée, El Hadj Mamadou Saliou Camara, pourtant adulé pour son

franc-parler, n’a pu jouer les médiateurs. Les habits du 4è n’ont pas été épargnés, non plus. Faux-dé Soumah alias «Aldjanna Fodé» qui a fait son apparition sur l’esplanade de la mosquée, a aussi passé  un très mauvais quart d’heure.

Monseigneur Albert Gomez, qui invitait les gens au calme en promettant de tout mettre en œuvre pour que tout se passe comme souhaité, a dû sentir la situation s’envenimée. «Je vous prie de nous donner le temps pour que nous rencontrions les autorités, afin que les corps soient inhumés. Et que les blessés soient pris en charge».

Nombreux sont les parents qui n’ont pas retrouvé le corps des leurs. Au moment où les uns transportaient le corps de leurs victimes, les autres en colère, menaçaient de laisser leurs cadavres aux mains des autorités. « On les laisse dans leurs mains afin qu’ils les dévorent».

 

Les pandores arrivent

 

A la surprise générale, des pandores armés jusqu’aux dents, font leur apparition dans l’enceinte de la mosquée dans un pick up, chargé de jeunots raflés. La foule s’agite et crie à la provocation. Les flics non armés et dont le comportement pacifiste a été salué et encouragé par le populo interviennent pour faire baisser la tension. Les pandores se retirent.

 

Du gaz lacrymogène dans la mosquée.

 

L’heure de la prière du vendredi saint approche et la tension monte d’un cran. Les pandores lourdement armés reviennent et chargent la foule avec du gaz lacrymogène. C’est la débandade, le sauve-qui peut. Ceux qui se trouvaient déjà à l’intérieur de la mosquée sortent et prennent la tangente. Finalement, les fidèles n’ont pas pu faire leur prière. Beaucoup d’entre eux, se sont rabattus sur la mosquée Kébéya à Coléah sur la route du Niger. Les voies de Dieu sont insondables. Les gaz lacrymogènes, irrespirables. Même sous le minaret.

 

 

 

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