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| Massacres du 28 septembre 2009 Sur les traces des criminels | | Imp | | Envoyer |
| Écrit par Bachir Sylla et M. Siré Diallo |
| Lundi, 19 Octobre 2009 14:58 |
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Mardi 29 septembre, les Conakrykas n’en reviennent toujours pas. Ils auront été ahuris et choqués par l’ampleur des dégâts de la répression militaire qui s’est abattue sur les militants au Stade du 28 septembre et ses environs, à l’occasion du meeting des Forces vives de la nation contre la candidature d’El Dadis à la présidentielle de janvier 2010. Le nombre de victimes serait de 57 morts pour les autorités, plus de 150 selon l’OGDHC, (Organisation guinéenne de défense des droits humains), qui fait également cas de plus de 1200 blessés. Tous les leaders des Forces vives sont unanimes d’avoir vu des bidasses tirer à balles réelles et à bout portant sur des civils désarmés. Un tour dans les deux grands hôpitaux de Conacris, ce mardi, nous a permis d’avoir une idée sur le nombre de victimes. Sur le registre des urgences du Chu d’Ignace Deen, 28 personnes auront été admises-là dès la journée du lundi 28. Dans les couloirs de l’hôpital, des médecins parlent de 32 blessés par balles, mais seulement 7 étaient encore hospitalisés au moment de notre passage. Nous n’avons pu obtenir les statistiques générales, la Directrice générale étant absente. Mêmes difficultés du côté de l’hôpital Donka où, aux environs de 13 h, ce mardi, toutes les portes de la Direction générale étaient hermétiquement fermées. Pendant ce temps, les blessés se tordaient de douleur dans les différentes salles du service de traumatologie au troisième étage du bâtiment principal. Des élèves pour la plupart, certains affirmaient avoir reçu aucun soin approprié depuis que la Croix-Rouge les y a déposés. L’un d’entre eux nous a brandi un cachet de «Paracétamol 500 mg» qu’on lui aurait donné. Insignifiant pour calmer ses douleurs.
A Ignace Deen, un médecin a révélé que les produits que la Pharmacie centrale de Guinée a servi l’hôpital sont tous périmés. Les leaders politiques blessés, ont été admis eux dans une clinique privée de Kaloum, via la gendarmerie du PM3. La Petite Cellule Diallo de l’UFDG, qui a eu des côtes cassées, a dû être être évacué ce 1er octobre sur la France via le Sénégal. Les autres ont rejoint leur domicile après les premiers soins. Lapin Doré de l’UPG, blessé à la tête, a reçu ses visiteurs dans une chambrette, au rez-de-chaussée de son domicile pillé la veille. Il leur exhibe sa chemise et son tricot ensanglantés. «C’est tout ce qui reste de mon domicile», raille-t-il, avant d’expliquer que des bérets rouges ont débarqué nuitamment chez lui, pour tout mettre à sac. Il dit n’avoir pas besoin de s’étendre sur les dégâts, car un désordre visible règne dans les différentes pièces de la maison. Même triste décor au domicile de La Petite Cellule Dalein de l’Ufdg, à Dixinn. Selon des témoins, des militaires seraient venus à deux reprises mettre la concession de l’ancien Premier ministre sens dessus dessous, tirant des rafales sur les voitures qui étaient garées dans la cour. Pas un recoin de la maison n’aura été épargné par les assaillants. Le gardien des lieux n’aurait eu la vie sauve qu’en sautant par-dessus le mur pour se retrouver au bord de la mer. Chez le Sid de l’Ufr, à la Minière, pareil. «On a pris quatre voitures dans ma cour», explique l’ancien Premier ministre de Fory Coco. Lui aussi avait été blessé à la tête lors de la répression au stade du 28 septembre. Parmi les rares édifices publics qui ont fait les frais de la manif du 28 septembre, le commissariat de Police de Belle-vue, dans la commune de Dixinn. Là, tout a été incendié. Selon les autorités, ce sont les manifestants des Forces ivres qui sont passés par là. Ils y auraient pris armes et munitions qu’ils ont embarquées dans une voiture trouvée sur place et qui a été incendiée non loin du rond-point d’à côté. Les autorités soutiennent mordicus que ce sont les armes dérobées dans l’enceinte du commissariat qui auront été utilisées au stade. Un argument fallacieux, pensent beaucoup de citoyens. D’autant qu’on a dénombré aucun mort ce 28 septembre parmi les bérets rouges et autres militaires.
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