Les mains du Cndd, trempées de sang PDF  | Imp |  Envoyer
Écrit par Barry Ibrahima Sory   
Lundi, 19 Octobre 2009 14:24
La manifestation pacifique organisée au stade du 28 septembre par les Forces vives de la nation pour exprimer leur point de vue sur la transition, a viré au carnage. Les bérets rouges de la garde présidentielle, la Bac (Brigade anti-criminalité) la police et la gendarmerie armés de FM  (Fusils mitrailleurs) et autres armes d'assaut ont tiré sur la foule des manifestants. Bilan? 157 âmes sur le carreau. Des filles violées, environ 1250 blessés graves, de nombreux disparus et des dégâts matériels importants. Selon l'OGDH (Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen, le carnage est semblable aux tueries du 12 juin 2006 et de janvier et février 2007.

7h. Bérets rouges, policiers, gendarmes et agents de la Bac, armés jusqu'aux dents, investissent le rond point de Hamdallaye, pour disperser les manifestants. Un second groupe de manifestants déterminés arrivent. Affrontement. Les hommes en tenue sont obligés de quitter les lieux. La foule se dirige vers le stade.

8h. Les manifestants se relayent à Hamdallaye, au bout des lèvres, des slogans: «Dadis au Camp !». «La Guinée ne veut plus de pouvoir militaire!» ou encore «Dadis zéro !» «libérez les détenus politiques !»  Le long de la route, des femmes distribuent de l'eau aux marcheurs. Deux Pick-Up blanches non immatriculées bondées de bérets rouges rebroussent chemin.

10 h. A Hamdallaye, un groupe de pro-Dadis en civil, appuyés par des bérets rouges veulent vider des magasins. Bagarre rangée avec les manifestants. 42 blessés du côté des pro-Dadis, des blessés évacués à l'hôpital Donka par la Croix rouge.

Les interpellés, tabassés puis libérés.

11h. Au rond point de Belle-vue, affrontement entre policiers et manifestants. Deux voitures sont calcinées. Le poste de police est brûlé, les armes emportées et les prisonniers libérés. Dans la soirée, nous avons été informés que des nouvelles recrues, rasées, portant des machettes des lance-pierres et des gourdins ont été envoyées, perquisitionner les maisons dans les quartiers de Koloma, Cosa et Bambéto.

A la Minière, la maison du Sid de l’UFR (Union des forces républicaines) est saccagée. A Dixinn, le domicile de La P’tite Cellule Dalein de l'UFDG est pillé. Six véhicules qui se trouvaient dans la cour, détruits et une vingtaine de motos emportées par les bérets rouges. Les membres de la famille M.Diallo interpellés, son garde de corps battu et blessé.

29 septembre 10h. A Taouyah, affrontement entre jeunes pro et anti-Dadis. Des jets de pierres pleuvent partout. Les agents de la Bac interviennent et dispersent les manifestants. Plus tard, deux Pick-up bondées de bérets rouges armés, débarquent devant un maquis. Ils achètent trois casiers de bière. Avant de démarrer, un des militaires déclare:  " Nous allons exterminer tous les Guinéens et amener la rébellion dans ce pays"

 

Exactions et vandalisme

 

Des opérations de ratissage ont été organisées dans les quartiers Hamdallaye, Bambéto, Koloma, Cosa, Bomboli et Enco-5. Des jeunes miliciens en civil armés des gourdins, des machettes, des coupe-coupe et de lance-pierres, appuyés des bérets perquisitionnent les maisons. Des bérets rouges tirent à bout portant sur trois jeunes dont un adolescent. Ce dernier meurt sur le champ. Les miliciens et les bidasses se livrent au vol, au pillage et au racket du populo sans armes. Les bérets rouges enlèvent les blessées hospitalisées dont des femmes dans les hôpitaux de Donka, Ignace Deen et au Centre Médical de Ratoma, pour une destination inconnue. Les femmes seraient séquestrées dans des endroits cachés où elles seraient soumises à des séances de viols répétés par ses ravisseurs

Mercredi 30 septembre, un vieux est tué à bout portant sur la Transversale (T5). Des bidasses en patrouille emportent la voiture de l'Ambassadeur du Mali en Guinée. Le même jour le Capitaine Dadis rend visite aux blessés dans les hôpitaux.

Quand nous allions sous presse, nous avons appris que l'Ambassade de Guinée à Paris  a été attaquée par des manifestants Guinéens. 20 personnes auraient été interpellées. De même que notre ambassade à Libreville au Gabon aurait été attaquée par des Guinéens en colère.

 


 

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