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| Stade du 28 septembre Les Farces de l’ordre massacrent les Forces vives | | Imp | | Envoyer |
| Écrit par Abou Bakr |
| Lundi, 19 Octobre 2009 14:15 |
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Le 28 septembre, des agents de la police d’interposition et des bérets rouges de la sécu présidentielle ont sauvagement réprimé les militants des Forces vives qui ont répondu présent ce jour à la marche pacifique qu’ils avaient projetée depuis plus d’une semaine.
Un bilan macabre. De source hospitalière et des Ong spécialisées dans le secourisme font état de 150 morts. Dans son adresse, radiodiffusée sur les ondes de la Ertégé Frédérik le Collier de l’Administration du territoire et des affaires politiques fait état de 57 morts dont 53 par asphyxie et 4 par balles perdues. On dénombre des milliers de blessés dont certains dans un état grave. L’affrontement du stade du 28 septembre a enregistré de violentes bastonnades. Des leaders de partis politiques ont été battus. La P’tite Cellule Dalein de l’UFDG (Union des Forces Démocratique de Guinée), s’en sort avec cinq côtes fracturées, Le Sid de l’UFR (Union des Forces Républicaines) des coups et blessures sur la tête, Le Faux Fuyant Fall du FUDEC (Front Uni pour le développement et le changement) coude droit déplacé. Le Moutard Diallo du NFD (Nouvelles Forces Démocratiques); Mamadou Bhoye Barry de l’UPN et d’autres responsables sont aussi victimes de la barbarie des farces de l’ordre, tel Amadéus Oury le second de l’UFDG. Tous ces leaders, qu’on a giflés et traînés au sol ont été embarqués manu militari pour des camps militaires, avant d’être admis dans un centre hospitalier de la place. Sous botte surveillance. Certains d’entre eux ont déjà quitté le pays pour des soins en Europe compte tenu de la gravité des sévices enregistrées.Tout a commencé à 9h30 sur l’esplanade du Stade du 28 septembre. Par vagues successives, les militants des partis politiques ont commencé à se regrouper près de l’entrée principale. Des agents de la police anti-émeute y ont fait irruption. Les deux groupes se regardent en chiens de faïences. Puis tout dégénère. Policiers armés de gourdins, de grenades lacrymogènes et des manifestants surexcités s’affrontent. Commandant Moussa Tiégboro-bara Camara, Ministre à la présidence chargé de la répression du grand banditisme et anti-drogue, débarque. Il est applaudi bruyamment. Il entame la sensibilisation. «Hier à 2h du matin, le Président de la République, devant moi, a appelé M. Sidya Touré pour lui dire de reporter la cérémonie pour le 29 ou le 30 septembre. Il lui a dit que nous sommes tous des Guinéens et que personne n’a intérêt que le pays brûle. Donc, je vous prie de rentrer chez vous. Demain, vos leaders seront avec vous pour la manifestation et je vais vous cortèger jusqu’au stade ici. Rentrez donc chez vous avant qu’il ne soit trop tard ! Après, tous ceux qui resteront ici seront considérés comme des loubards sur la voie publique. Ils seront punis conséquemment», lâche le Commandant. Dès qu’il a tourné le dos, policiers et gendarmes ont déclenché les hostilités. Une véritable chasse à l’homme dans les concessions du quartier Landréah. Des jeunes manifestants sont pourchassés jusque sous les lits, dans les toilettes des demeures où ils se sont abritées. Ils sont bastonnés, dépouillés de tous leurs biens: portables, montres, argents, bracelets, chemises, pantalons et chaussures. Certains d’entre eux sont déshabillés nus et violemment frappés à sang. Puis libérer sans les habits. Un moment d’accalmie, puis arrive de Donka une vague de militants à la tête desquels les leaders de partis politiques: La P’tite Cellule Dalein, Le Sid, Le Baadikko de l’UFD, Le Moutard des NFD, Fall du FUDEC, Le Scié du MDP, Ditinn Bouvier de l’ANP, Sylla de l’UFC, Diané du RPG et d’autres. Direction esplanade du stade du 28 Septembre. Cdt Tiegboro-bara vient à la rencontre du groupe. Il échange avec Le Sid, Dalein, Moutard, Baadikko. Le Cdt Tiégboro-bara n’accède pas aux revendications de ses interlocuteurs. «Je vous prie de rentrer Chez vous. Demain ou après demain, vous pouvez venir tenir votre meeting. Mais, aujourd’hui est une journée nationale». Face à la détermination des leaders de rentrer vaille que vaille au Stade, le Commandant leur demande de patienter un moment. Il reprend son véhicule, retourne à l’esplanade du stade. Une demi-heure après, il revient mais derrière lui, des engins de guerre de la police bourrés d’agents armés jusqu’aux dents. Il leur demande de le suivre en direction du stade du 28 septembre. Arrive, au même moment, une marée humaine en provenance de la haute banlieue. Tout ce beau monde s’entremêlent. De peur certainement d’être happés par cette marée, les agents de la police et de la gendarmerie se font menaçants, agressifs. Affrontements. Coups de sommation en l’air. Le groupe regroupé autour des leaders foncent vers le portail d’entrée du stade. Ils y entrent. «Laissons-les rentrer, après on va fermer la porte sur eux», lance un gendarme qui ôte ses galons pour la circonstance. Le portail s’ouvre, la marrée humaine s’engouffre dans le stade du 28 septembre. Quelques instants après, entrent trois camions bourrés d’hommes en tenue qui se mettent à tirer et à bastonner la foule. Dehors vers Landréah-Port, c’est une opération chasse à l’homme. Des militaires arborant des survêtements bleus, munis de ceinturons, de gourdins, de tronc de bois, chaperonnés par des jeunes pêcheurs de Landréah-Port, indicateurs de circonstance, traquent des manifestants qui fuient pour s’abriter. Une cinquantaine de jeunes sont débusqués sous les buissons et les rochers de la mer. Ils sont bastonnés par les jeunes pêcheurs sous l’œil tendre des militaires. «Bottez-les ! Vous pouvez même les tuer. Si un d’entre eux meurt, c’est comme si c’est un chien qui est mort». Les jeunes pêcheurs de Landréah-Port dépouillent les manifestants. Pantalons, chaussures, téléphones, montres, argent. Rien n’est laissé. «Allez vous plaindre là où vous voulez» leur lance un homme armé. Complètement dépouillés, ils sont transférés sur le goudron, mis à genoux. Puis des gros morceaux de cailloux sur la tête. On leur dit de ramper sur le goudron chaud. Ils sont ensuite embarqués dans des camions qui prennent la destination des garnisons. Les militaires en survêtement font irruption au domicile du chef du quartier Landréah-Port. «Je suis sorti de chez moi. Ils se sont jetés sur moi et m’ont roué de coups. Ils n’ont rien cherché à comprendre» explique le chef de quartier, le corps endolori. Vers 15H, les jeunes pêcheurs, sous le regard indifférent de leurs encadreurs, se chamaillaient durant le partage du butin macabre qu’ils ont retiré aux jeunes manifestants.
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