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Silence, on imite ! PDF  | Imp |  Envoyer
Écrit par Diallo Souleymane   
Vendredi, 14 Août 2009 11:59

Il n’est pas inutile de revenir sur les imitations éventuelles de nos chefs, surtout quand elles empêchent la transition de dormir. On a voté un peu partout sur le continent africain. Au Sénégal, au Ghana, en Guinée-Bissau tout près, en Mauritanie et au Niger tout frais. On s’apprête à le faire au Gabon et peut-être en Côte d’Ivoire et en Guinée. Chez nous, voter, c’est mourir un peu d’angoisse et d’incertitude. Qu’allons-nous faire ? Qui allons-nous imiter ? Il y a quelques décennies, la question ne se posait pas. La Guinée ne se comparaît qu’à elle-même. Pour éviter d’ouvrir les yeux sur la réalité et chercher de sortir du pétrin perpétuel qui nous a tenus à la gorge.

Nous avons refusé de nous battre pour nous comparer aux meilleurs. Nous étions le château d’eau et la perle de l’Afrique occidentale. Le Bénin, le quartier latin. Lui, il a réussi à tordre le bras à la révolution pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, un modèle. Une référence en matière de démocratie. Notre révolution à nous aura été globale, multiforme, transtemporelle. Nous avons entrepris de former l’homme. Nous avons parlé. Nous avons tué. Nous avons refusé de régénérer. Le château d’eau s’est mué en sceau d’eau. La perle, en perte. Nous sommes la rusée de l’Afrique, le malade des institutions et de la communauté internationales. Nous avons partagé avec le Gabon, la longévité présidentielle. En 50 ans, nous avons produit deux présidents. Après la pauvreté dans la liberté, nous avons opté pour la stabilité dans la médiocrité. Nous avons collectivement démissionné. Au point de tout accepter. Même l’incapacité de nous réveiller pour exiger de tenir debout avec un minimum de dignité. Tout a foutu le camp sous nos yeux. Veaux, vaches, démocratie, bonne gouvernance. Le Gabon, lui, a résisté. Tant bien que mal, à cette terrible longévité présidentielle. Bogongo a été enterré dans la dignité. La transition est sur les rails dans la liberté. Le pays a gardé un minimum de prospérité.

Nous avons eu deux chefs d’Etat qui sont morts comme Bongo. Dans la dignité. Ils ont été enterrés dans la dignité. Mais, celle-ci n’a pas eu la longévité escomptée. La transition s’est imposée. Elle s’est invitée dans notre histoire. De façon permanente, puisque nous en sommes à la troisième. Sékou Touré a conduit la première. Il l’a ratée. Lansana Conté a géré la deuxième. Il l’a également loupée. Moussa Dadis Camara a entamé la troisième. Pourquoi voulez-vous qu’il réussisse ? Il est le produit des deux premiers, non ? Ce sera un miracle s’il réussit. Il démontre alors que la somme de deux échecs constitue un succès. Mais, ouvrons un œil sur le chef de la junte. Ses modèles sont plutôt réduits. Jerry Rawlings ? Lui aussi, il était capitaine. La différence ne réside que dans la qualité de l’environnement. ATT ? C’est quasiment la même chose. Mais «Bamako, ce n’est pas Conakry».

Que reste-t-il alors à Moussa Dadis Camara ? Quel modèle, quel exemple va-t-il suivre ? La Mauritanie est hors-jeu. Le Général Abdel Aziz avait renversé un gouvernement. Moussa Dadis Camara, des institutions agonisantes. Abdel Aziz avait promis des élections et sa candidature. Moussa Dadis Camara, des élections et son départ. Tiendra-t-il parole ? Dans l’affirmative, il aura surpris plus d’un. Excepté le commandant Moussa Kéïta, le secrétaire permanent du Cndd. Dans la négative, la voie est toute tracée. Ce sera celle de Mamadou Tanja du Niger. Sankara n’est pas là pour protester, non ?

 

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