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Au nom du peuple et de la liberté PDF  | Imp |  Envoyer
Jeudi, 24 Septembre 2009 17:38
Danton, l’un du trio meneur de la Révolution française, avec Marat (assassiné dans son bain par Charlotte Corday, pour venger le mal fait aux “girondins” par les “montagnards”) et Robespierre, se savaient condamnés par le clan de ce dernier.
A ses amis qui lui demandaient de s’en fuir pour sauver sa vie, il répondit: “On n’emporte pas la République dans la semelle de ses souliers” Sur l’échafaud il apostropha le bourreau en ces termes: “citoyen ! Montre bien ma tête au Peuple, elle en vaut la peine ! ” Mme Roland était une républicaine stoïcienne. Elle eut à Paris un salon célèbre fréquenté surtout par les “girondins” Ce qui lui vaudra la haine de Robespierre et subséquemment la guillotine, en 1793, pendant la “terreur” En montant sur l’échafaud elle s’adressa à la foule de curieux rassemblés pour une jouissance sanguine : “ Liberté ! Liberté ! Que de crimes on commet en ton nom !” Ann Ken Saro Wiwa, célèbre poète nigérian n’eut de cesse de mener un combat de David contre l’Etat fédéral Goliath, parce qu’il ne pouvait supporter toutes les avanies et injustices subies par son peuple (la minorité Ogoni) Il fut pendu haut et court, pour rébellion et insoumission… aux ordres du peuple nigérian dans son entierté. Il y a une foultitude d’exemples de sacrifices de héros solitaires morts pour la défense de leur peuple, comme une kyrielle de cas où l’Etat centralisateur, sous la férule d’un dictateur, a commis des crimes innommables au nom du peuple. Mais le peuple, c’est quoi même? Pour le sociologue, c’est une multitude d’hommes et de femmes composant une nation. C’est encore la partie la plus nombreuse, la moins nantie des habitants d’une ville, d’un pays. Y a même en bas du peuple, le bas peuple, ou vulgus people. Une sorte de Quart monde, quoi ! Y a aussi un peuple qui se dit ou se veut le peuple élu de Dieu : les Juifs. Selon les “écritures” dans la torah et la bible ce peuple, après 2000 ans d’errance et de “shoah” a atterri dans la terre promise, qu’il a baptisée en 1948, terre d’Israël, en s’octroyant tous les droits sur les occupants qui y étaient déjà. Les Palestiniens. Résultat, les 2/3 des Palestiniens sont aujourd’hui en errance, à travers l’univers. Le reste survit dans de minuscules territoires occupés. Peut-être que dans 2000 ans, le peuple palestinien retrouvera lui aussi un havre de paix, quelque part, dans le monde, grâce à un autre comte Balfour, inventeur du concept de foyer national juif. Mais ceci est une autre histoire.

Or donc on meurt pour le peuple ; comme on tue au nom du peuple, qui jamais n’est consulté individuellement. Les Grecs, inventeurs du système de consultation populaire se pliaient démocratiquement à cet exercice, dans un espace appelé Agora. Là le peuple assemblé se prononçait sur les grandes décisions intéressant la vie de la cité, à la majorité. Naturellement les métèques (les non hellènes) et les esclaves étaient exclus de la consultation. Transposée à l’époque contemporaine, la consultation se fait à travers les mandataires élus ou cooptés par le mandant, le peuple soi-même. Malheureusement la chose a connu des avatars tel que le phénomène d’homme peuple, dont nous riverains du Sud, avons le brevet d’invention. Comme tout un peuple ne peut se tromper à l’unisson, sa volonté (celle de l’homme peuple) est infaillible. Donc ses décisions deviennent exécutoires urbi et orbi. Après nos cinquante ans de retour en arrière, il serait cocasse de nous soumettre à des séances de psychanalyse collective. Je puis garantir qu’on trouverait bien cachés dans nos gènes des relents de comportement dictatorial couplé à des kystes de soumission à tout pouvoir et de promptitude à danser la mamaya de la soumission. Un exemple, nos 85 partis et particules pol-tiques sont en majorité dirigés par des dictateurs, plutôt propriétaires et gestionnaires du parti. Ils ont raison, parce que uniques bailleurs. A cause justement de cette incurie, ils ont permis à Fory Coco de régner en maître absolu pendant 24ans. Incapables qu’ils étaient de s’entendre sur l’essentiel. Au demeurant c’était des opposants opposés. Bien entendu tous sont prompts à jacter en abondance au nom du peuple. Celui-ci peut-être identifié à un rassemblement de militants dans un meeting, et quelques fois dans une salle comme celle du congrès du palais très populaire. Chose ahurissante il peut arriver qu’un groupe de journaleux fasse office de peuple.

Comme on l’a constaté quand El Dadis a fait acclamer aux cases de Belle vue, par nos plumitifs ordinairement neutres, la décision de procéder rapidement à des audits de tous les bandikons qui, après avoir tripatouillé dans les sous de l’Etat, ont la prétention de postuler à la candidature pour la prochaine présidentielle. Le peuple on l’a dit, a le loisir et le droit, en système démocratique,de bailler un mandat à des concitoyens élus, comme des députés, pour voter ou agir en ses nom et place sur des problèmes de portée nationale. Comme les présidents de CRD pour faire de même, mais uniquement pour des problèmes d’ordre strictement local. Il appert ainsi que l’acte posé dernièrement au Palais populaire par les ci-devant présidents avariés de CRD, qui acte imposait à El Dadis d’être candidat à la prochaine présidentielle, est nul et de nullité ab initio.

Ils n’en ont ni la légalité, ni la légitimité. Et le plus piquant c’est d’entendre de la bouche de leur porte parole, le missi dominici de Sangarédi, issu en principe d’un parti politique que “les leaders politiques sont de la Guinée mais ils ne sont pas la Guinée ! ” Oh, poutain !

La Palisse n’aurait pas fait mieux, wallâhi ! Voilà à présent qu’on veut faire de la politique dans ce bled en ignorant, pis en éliminant les principaux acteurs politiques. Et ça veut parler au nom du peuple ! Misère, misère, misère ! En principe la souveraineté est émanée du peuple, il a seul la capacité (juridiquement, politiquement et matériellement) de choisir à qui il veut confier l’exercice, en son nom de cette souveraineté. Mais à chez nous pays cette souveraineté politique traîne un terrible handicap depuis 1/2 siècle. Elle est amputée toujours de la souveraineté alimentaire et de la souveraineté énergétique, celles-ci n’ont jusqu’ici existé que dans les promesses. Tout le reste n’est que discours creux et volage comme des bulles de savon. D’ici le mois d’octobre, mois de naissance d’une partie de notre souveraineté, le peuple sera fixé sur la qualité de la sauce dans laquelle en son nom, on le fera mijoter encore dix ou vingt ans. Ce sera le triomphe de la baïonnette et le “ garda -bout ! Ou le règne des promesses visqueuses des policards ambitieux et suffisants.

Si toutefois ils s’obstinent à être chacun candidat pour satisfaire son ego. Ce sera Charybde ou Scylla. Mais tout le monde sait qu’on peut tout faire avec une baïonnette sauf s’asseoir dessus. Et que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent (dixit un politicards gaulois) Peuple des Rivières du Sud, refuse à présent qu’en ton nom et avec tes mamayas quiconque hypothèque le demain de tes mômes. Puisque pour toi c’est apparemment fini.

A fakoudou !

Ahmed Tdjani Cissé

 

 

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